Souvenir: sur les traces des Jackson Five à Gorée et Fadiouth

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Visites à Fadiouth, à Linguère et bien sûr, l’incontournable pèlerinage à Gorée. Le séjour de Michael Jackson et de sa famille au Sénégal en 1974 a été riche en contacts humains et en émotions. Retour sur un évènement qui, avec la disparition du ‘Roi de la Pop’, refait inévitablement surface dans la mémoire collective des Sénégalais.Michael Jackson et ses frères n’ont pas seulement enchanté les mélomanes dakarois, lors de leurs trois concerts à Demba Diop et à Sorano, au tout début du mois de février 1974 (votre notre édition d’hier) ; ils ont aussi passé de bons moments en dehors de la scène. Ils ont également eu droit aux honneurs de la République, même s’ils n’ont pas rencontré le président Senghor, du moins si l’on se fie aux archives du Soleil, consultées à la médiathèque du Cesti. Le quotidien national informe, dans son édition du lendemain, que le dimanche 3 février 1974, le patriarche Joe Jackson a reçu des mains de Moustapha Fall, alors délégué général au Tourisme, les insignes de chevalier de l’ordre du Mérite. Le groupe lui a, en retour, remis un disque d’or, le millionième, offert au chef de l’Etat.

Mais le temps fort de cette journée dominicale a été la visite à Gorée, rapporte Malal Ndiaye. Dans son article paru le 4 février 1974, le reporter du Soleil rappelle la portée symbolique de la visite des Jackson. ‘Pour des Noirs américains, écrit-il, la Maison des Esclaves est plus qu’un témoignage de leur négritude’. Le papier ne le mentionne pas, mais on peut facilement, 35 ans plus tard, se représenter l’atmosphère de ce pèlerinage. On ‘entend’ aisément le timbre percutant d’un Joseph Ndiaye encore fringant, entouré de Michael Jackson et de ses frères, tout ouïe, secoués par la verve enflammée du regretté conservateur, évoquant, comme il savait si bien le faire, les inqualifiables atrocités commises sur l’île-mémoire. L’ambiance devait être émouvante. A tel point qu’une correspondante d’une chaîne de télévision étrangère à Dakar, Mme Myriam Etoile, craque. Venue couvrir l’évènement, elle ‘n’a pu retenir ses larmes devant les explications de Joseph Ndiaye’.

Soucieux du protocole, le quotidien national n’oublie pas de mentionner que ce ‘pèlerinage aux sources s’est effectué en compagnie des représentants du délégué général au tourisme, Moustapha Fall, de l’Ambassadeur des Usa et du Gouverneur Thierno Birahim Ndao.’

Dans le même papier, le journal annonce un autre déplacement des Jackson Five – qui étaient six en réalité, après l’arrivée de Randy – dans le département de Linguère. ‘En effet, les musiciens avaient demandé à visiter une zone sinistrée pour se rendre compte de visu de cette sécheresse dont ils ont tant entendu parler’, explique le quotidien national, sous la plume de Malal Ndiaye.

Rappelons que dans la première moitié de la décennie 70, le Sénégal, à l’instar des pays du Sahel, avait été rudement éprouvé par une pluviométrie anormalement faible.

Mais, on ne retrouve pas d’échos de cette visite de Michael Jackson et de ses frères à Linguère, encore moins d’éventuels dons qu’ils auraient pu faire à l’endroit des populations démunies.

Une grande cote sur la Petite Côte

Si Gorée a été une étape marquante du séjour des auteurs de Get it Together au Sénégal, leur première étape a été, cependant, pour la Petite Côte. Dès le lendemain de leur arrivée à Dakar (ils ont foulé le sol sénégalais le 30 janvier 1974), les musiciens américains ont effectué une première excursion touristique. Histoire sans doute de se payer du bon temps. ‘Les Jackson Five ont visité hier la Petite Côte’, renseigne Le Soleil du vendredi 1er février 1974, sous la rubrique ‘Thiès’. Le papier est illustré par la photo du benjamin des Jackson, Randy, 11ans, sixième membre du groupe. Comme ses aînés, il arbore le look ‘afro’, très en vogue à l’époque. Dans son reportage, le journaliste Malal Ndiaye fait ressortir la curiosité et la soif de découverte qui animent les touristes Jackson. Il parle d’une ‘longue promenade dans les ruelles de Fadiouth’, des ‘centaines de mètres de pellicule’, en guise de photos souvenirs et un ‘flot de questions posées aux habitants du village, une multitude d’objets d’art achetés (des coquillages surtout) et un déjeuner au Club Aldiana’, à Nianing.

Le papier décrit aussi une ‘ambiance détendue, une atmosphère très jeune’, insiste sur une ‘démonstration de be-bop de deux jeunes Sénégalais, à la grande satisfaction des frères Jackson’, qui, manifestement, jouissaient d’une grande cote de popularité sur la Petite Côte.

‘Mais (…) ce sont les jeunes employés du Club Aldiana qui ont le plus bénéficié du séjour des Jackson Five’, retient le reporter du Soleil. Il parle ainsi d’ ’une véritable chasse aux autographes’, un ‘rush presque indescriptible de tout ce que le Club Aldiania compte de personnel’.

Un passage de l’article signé Malal Ndiaye ne manque pas d’attirer l’attention, par son caractère presque prémonitoire : c’est quand le journaliste revient sur le ‘petit tour des Jackson Five au bar du Club Aldiana’, un moment de relax égayé par le son de Manu Dibango, notamment.Est-ce à partir de là que le petit Michael, séduit, décida de copier la musique du père de la Soul Makossa ? La coïncidence est, en tout cas, assez troublante. D’autant que l’article du Soleil sur l’excursion des Jackson à Fadiouth rapporte une recommandation du père Joe à l’endroit de sa progéniture surdouée. ‘Accordez une attention particulière à la musique africaine et à ses interprètes, leur demande-t-il, car je pense que nous pourrons nous en inspirer pour embellir nos arrangements musicaux… ’

Devenu grand, Michael a dû certainement (trop) appliquer le conseil paternel. De son vivant, le ‘Roi de la pop’ a samplé, à l’excès, le saxophoniste franco-camerounais. Au point de récolter une plainte pour plagiat…

Yacine CISSE & Abdou R. MBENGUE

Source: walfadjri

 

1 thought on “Souvenir: sur les traces des Jackson Five à Gorée et Fadiouth

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