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Musulmans et chrétiens sénégalais fêtent la résurrection du Christ


Dans cette île du Sénégal où musulmans et chrétiens entretiennent de bonnes relations, la joie pascale se fête en commun.

Avec 5 % de catholiques et près de 90 % de musulmans, le Sénégal vit une cohabitation religieuse harmonieuse. C’est le cas sur l’île mémoire de Gorée, située dans la baie de Dakar, où vivent officiellement quatre cents catholiques et où la fête constitue un moment de partage. « Nous passons les fêtes dans la joie entre musulmans et catholiques ; il n’y a aucune différence », assure Martin Faye, rencontré à quelques mètres de l’église.

Guide touristique de profession, celui qui se fait appeler Ibnou rappelle que « pratiquement chaque famille de cette île compte à la fois des chrétiens et des musulmans ». Chez lui, Joseph Mbengue, catholique, accueille des voisins qui sont venus partager la joie pascale, au grand plaisir de sa famille. « Ici, c’est vraiment la paix totale. C’est pourquoi, nous partageons tous ensemble particulièrement ces moments de fête », affirme ce dernier.

Les fleurs qui ont orné l’église en ce jour de fête ont été offertes par l’association des musulmans de Gorée. Des propos confirmés de la tête par les voisins qui savourent un plat de riz et de poulet. Le vicaire de la paroisse Saint-Charles-Borromée de Gorée le confirme lui aussi  : « Dans l’île, on fête Pâques dans la joie et la communion ».

Pour le Père Ignace Ndiogou Faye, cette solidarité musulmane est même ancienne  : « Depuis le Jeudi saint, il y a l’effervescence des préparatifs du plat symbolique du ngalakh qui permet de manifester davantage la communion entre musulmans et chrétiens et qui est une réalité très bien vécue au niveau de cette île. Ça se poursuit avec le chemin de croix du Vendredi saint et la commémoration de la passion du Christ, la vénération de la croix où nous pouvons toujours compter sur nos frères musulmans pour le service d’ordre ».

« C’est cette complicité qui fait de Gorée une ville particulière en matière de cohabitation. Nous sommes en famille », indique une paroissienne, « heureuse » de partager les plats avec ses parents musulmans.

Symbole du dialogue islamo-chrétien

Cette fête de la résurrection est donc précédée du partage du « ngalakh ». À base de mil, de pâte d’arachide et de pain de singe préparé le Vendredi saint, à l’occasion de la fin du Carême, ce met très apprécié et très attendu est un facteur de rapprochement des communautés chrétiennes et musulmanes.

« Le Vendredi saint n’est pas seulement attendu par les catholiques qui rompent le Carême. Ce moment est aussi attendu par les Sénégalais de toutes confessions car ce plat est distribué par les familles chrétiennes à leurs voisins musulmans, symbolisant une tradition de partage propre aux Sénégalais », témoigne Jean Diatta, de la paroisse Notre-Dame-des-Anges de Ouakam.

Source: urbi-orbi-africa.la-croix.com

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