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Musée Dapper Paris : 17 ans de vitrine d’art africain


Alors que la fondation Dapper a décidé de déplacer son musée à Gorée, retour sur ces expositions et oeuvres qui ont enchanté nombre de visiteurs.

Par un étrange paradoxe, un musée parisien emblématique dédié aux arts africains vient de tirer sa révérence au moment où la France succombe à la richesse de la scène artistique africaine qui profite de foisonnants lieux d’exposition comme la fondation Louis Vuitton, la grande halle de la Villette, la Villa Arson à Nice ou à La Gacilly en Bretagne. Présidée par Christiane Falgayrettes-Leveau, la fondation Dapper a été créée en 1983 par son défunt époux Michel Leveau pour promouvoir toute la richesse du patrimoine subsaharien en France et en Europe. Pionnière à Paris, elle porte le nom d’un humaniste néerlandais, Olfert Dapper, qui rédigea en 1688 un ouvrage, Description de l’Afrique, sans aucun jugement de valeur, bien que n’ayant jamais visité le continent noir. La fondation déménagea ensuite dans un bâtiment plus imposant, comprenant des salles d’exposition et de spectacle, une librairie et un café en 2000 dans le trop calme 16e arrondissement. La même année, l’inauguration du pavillon des sessions au Louvre préfigurera le musée du Quai-Branly qui ouvrira en 2007 et séduira un public plus jeune et afrodescendant. Comme l’explique Christiane Falgayrettes-Leveau, « une partie du public est commune aux deux institutions mais la jauge annuelle stagne aux alentours de 60 000 visiteurs, ce qui s’avère insuffisant face aux charges générées par le bâtiment et par les nouvelles normes de sécurité, qui absorbaient toutes les ressources financières ».

Ce n’est pas la seule fondation parisienne qui a été touchée par les difficultés financières, en l’absence de subventions publiques, puisque la Maison rouge, un haut lieu de l’art contemporain, fermera en janvier 2018. Depuis trente ans, La fondation Dapper a été à l’initiative de près d’une cinquantaine d’expositions pointues. Elles couvraient l’art classique africain, parfois en présence d’œuvres venues d’Océanie et d’Asie, mais aussi le design et l’art contemporain comme le Béninois Romuald Hazoumè ou le Sénégalais Ndary Lo récemment décédé. La fondation Dapper va désormais explorer de nouvelles collaborations, notamment dans les Caraïbes et en Afrique, comme au Sénégal où elle a organisé plusieurs expositions depuis 2012. Notamment sur l’île de Gorée où le mois dernier a eu lieu le festival Gorée-Regards sur cours avec la série « The Phantoms of Congo River » du Burkinabè Nyaba Léon Ouedraogo. « Nous allons poursuivre notre mission, soutenir les arts de l’Afrique d’hier et d’aujourd’hui, avec une latitude d’action plus grande », précise la présidente, qui poursuit : « La fondation pourra intervenir avec plus de flexibilité pour réaliser des projets ambitieux et investir d’autres espaces. » La collection de la fondation, constituée de plus de deux mille œuvres d’art ancien d’Afrique, fera l’objet de prêts divers comme pour l’exposition du musée du Quai-Branly sur les arts du Gabon, à la rentrée prochaine. Dapper est mort, vive Dapper !

Source: http://afrique.lepoint.fr/culture/musee-dapper-17-ans-de-collection-d-arts-africains-22-06-2017-2137560_2256.php

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