Gorée Diaspora Festival : Maréma donne le ton de la 8ème édition

Actualité Diaspora Festival Gorée dans la presse Musique

C’est parti pour la 8ème édition du festival Gorée-Diaspora. La cérémonie de lancement a eu lieu vendredi, au Centre culturel Joseph Ndiaye, en présence du maire de Gorée, Augustin Senghor et de l’ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Sénégal. Pour la circonstance, Gorée a brillé aux couleurs de la paix et de la réconciliation avec la voix mélodieuse de la chanteuse Maréma Fall.

Sous le vent frais et fort qui ne cesse de charrier le peu de sable dans les rues caillouteuses de cette île rocheuse, la mer qui ne semble pas vouloir lui faire la cour est plutôt très calme. On entend à peine déferler ses vagues. Dans le clair-obscur d’une île mémoire pas bien éclairée, les populations désertent la plage et les rues. Au Centre culturel Joseph Ndiaye où doit se tenir la cérémonie de lancement, il n’y a pas encore une grande affluence. La voix forte de la chanteuse Maréma résonne dans toute Gorée. Le comité d’organisation a choisi de proposer aux festivaliers un after-work animé par cette dernière pour donner le ton de la 8ème édition du Gorée diaspora festival. Au menu, un éventail de genres musicaux : zouk, jazz, salsa, mbalakh sur orchestration à résonnance world. Maréma a servi du « lourd » à une foule enthousiaste de Goréens et d’invités venus écouter sa forte voix mélodieuse. La prestation est pleine de rythmes avec une alchimie qui repose sur un équilibre entre la musique et les paroles profondes portées par une voix claire. S’inscrivant dans la logique du Festival qui charrie les valeurs africaines, notamment sénégalaises, elle emballe son public à travers son album « Initié » qui signifie merci en bambara. Elle chante aussi « Dimbeulenté » pour rappeler le sens de la solidarité. Lors de sa prestation, la lauréate du prix découverte Rfi 2014, a également fait l’éloge de son pays, le Sénégal qu’elle considère comme un havre de paix ou se confondent l’amour et le bonheur. Ce qui a donné le titre « Deugueuleu ». Pour conclure en toute beauté sa prestation, Maréma a interprété « Africa » et « Femmes d’affaires ».

Se souvenir
Retourner aux origines non pas pour s’installer en terre pleine mais pour se ressourcer afin de se souvenir d’un héritage esclavagiste de plus en plus remise au nom de « mauvaises querelles intellectuelles » comme l’a défini Eloi Coly, conservateur de la Maison des esclaves. En effet, Gorée sera entre la mémoire et la résilience car malgré son passé douloureux esclavagiste, elle résiste encore et devient un lieu de pèlerinage, de repentances et de loisir, un patrimoine de l’humanité. Selon le maire de Gorée et président du Gorée diaspora festival, Augustin Senghor, cet évènement culturel est un retour aux souvenirs et à la terre d’origine des fils déportés. « Seule la mémoire sert à réconcilier les peuples, à les rapprocher et surtout à faire taire les manifestations de violence et d’intolérance, les maux des temps modernes », a estimé M. Senghor.

Trois pays invités, notamment l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire et les Etats-Unis, des pays invités d’honneur pour célébrer l’Afrique dans sa diversité artistique, musicale et culinaire. Une parfaite illustration d’une assertion propre à Saint Expéry: « Si tu te diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichies »

 

Source: www.lesoleil.sn22