Commémoration de l’esclavage et de la traite atlantique : Le Mémorial de Gorée bientôt réalisé

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La Journée internationale de la commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves a été célébrée hier, à travers un panel sur le thème « Contribution des Afro-descendants aux musiques dans leur mode d’expression contemporaine en Afrique ». Organisée par le Centre d’information des Nations unies (Cinu) en partenariat avec le Projet du Mémorial de Gorée, la rencontre a permis aux panélistes d’aborder la reconnaissance de l’héritage des victimes et les contributions des personnes d’ascendance africaine par la musique.

Pour se souvenir de l’esclavage, l’Organisation des Nations unies  commémore chaque année, cette grande tragédie de l’histoire de l’humanité. C’est dans ce sillage que le Centre d’information des Nations unies (Cinu), en partenariat avec le Mémorial de Gorée, a organisé un panel, hier, sous le thème: « Contribution des Afro-descendants aux musiques dans leur mode d’expression contemporaine en Afrique ». Cela, pour revigorer l’histoire en  débattant sur l’héritage légué et les contributions des personnes d’ascendance africaine.
Selon la chargée du bureau Cinu à Dakar, Minielle Baro, le thème  abordé est sous-tendu par le souvenir des victimes de l’esclavage et la reconnaissance de leur héritage et des contributions des personnes d’ascendance africaine qui ont contribué à façonner les sociétés  du monde, dans tous les domaines, à savoir celui de la musique. A l’en croire, les esclaves ont subi des formes ignobles de mépris, de racisme et de préjugés.
« Malgré la persistance de ces stigmates, les personnes d’ascendance africaine ont, au fil des années, contribué de manière significative au développement des sociétés et des cultures à travers le monde. Beaucoup d’entre elles ont ouvert la vie aux droits civils, aux droits de l’homme, à la reconnaissance et à la justice pour les personnes d’ascendance africaine en Afrique et dans la Diaspora », informe-t-elle. Aussi, fait savoir Minielle Baro, qu’en 2015, un mémorial permanent a été inauguré au siège de l’Organisation des Nations unies en mémoire  aux victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves. Il s’agit de l’Arche du Retour de l’architecte d’origine haïtienne Rodney Léon.

Mémorial de Gorée
Ce même esprit de souvenir aux millions d’hommes, femmes et enfants victimes de la dramatique traite transatlantique des esclaves a animé le gouvernement sénégalais qui a aussi pris l’initiative d’ériger un Mémorial, à quelques encablures de l’île historique de Gorée. Selon le secrétaire général à la réalisation du Mémorial de Gorée, Amadou Lamine Sall, ce projet a été concrétisé par le président Macky Sall et va bientôt être réalisé.
« Pour l’actuel budget de sa réalisation, le président de la République Macky Sall a mis un montant très important qui nous permettra, dans les prochains mois, de démarrer les chantiers du Mémorial qui d’ici à  deux ans ou moins, va sortir de terre et changer complètement le visage de Dakar », indique M. Sall.
Débattant du thème du panel, le Pr Ndiouga Benga, enseignant-chercheur au département d’Histoire de l’Ucad, indique que la musique est circulatoire de manière globale, dans le sens où elle est faite d’influences locales et extérieures. « Ce que l’on peut dire de la musique africaine, c’est que les esclaves ont été transplantés du continent vers l’Océan indien, vers l’Atlantique. Ces derniers sont partis avec leur patrimoine », confie-t-il. Précisant que c’est toute cette culture matérielle et immatérielle des esclaves transplantées du continent vers un nouveau monde qui a fait que ces cultures africaines se sont retrouvées en Amérique et assimilées par ces esclaves devenus hommes libres se sont battus pour avoir des droits civiques à l’image de Martin L. King. Aussi, souligne-t-il que toutes ces influences culturelles se retrouvent quelque part en Afrique à travers des genres musicaux tels que le jazz, la salsa et les cultures urbaines.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Source: Le Soleil