Cheikhou Keïta, artiste peintre

Arts plastique Blog Fierté goréenne

Cheikh S. Keïta est né à Gorée en 1955 à Gorée. Il a passé toute sa jeunesse dans ce milieu paradisiaque  entre ciel et terre, sous le témoignage d’une mer éternellement bleue. Il a l’avantage et le désavantage d’être peintre et frère d’un peintre de notoriété internationale, Souleymane Keïta, dont les œuvres ont sillonné le monde entier.

En 1976, il suit les cours à l’École des Beaux Arts de Dakar comme auditeur libre mais très vite, par passion pour de nouvelles expériences inédites, il se retire et commence alors à se « salir les mains »

Perché sur son rocher du castel où il a son atelier, avec comme principales perspectives l’horizon, cette ligne imaginaire où se rencontre la mer et le ciel, d’un coté, et de l’autre la grande baie de Hann à Popinguine,  Cheikh nous inonde de sa peinture aux milles facettes. La dominante des toiles tourne autour d’un rouge argileux ou ocre rappelant la latérite (sol rougeâtre de la zone tropicale humide) et d’un bleu aux différentes nuances nous faisant penser au ciel ou à la mer qui sont deux éléments présents dans son quotidien.

Après avoir longtemps travaillé sur le thème des signes Dogons (peuple de la partie sud-ouest du Mali, propriétaire d’une richesse mythologique longtemps étudiée par les célèbres ethnologues Marcel Griaule et Michel Leiris), Cheikh s’intéresse à présent au paysage rural propre à son environnement traditionnel que le modernisme à tendance à oublier.

La structure d’un village, un fragment d’architecture, un espace sculpté, des formes édifiées, autant d’éléments qui apparaissent de manière enfouie et libérée sous de larges plages de couleurs de terre et de lumière.

Sa peinture n’est pas l’imitation de la nature mais une intuition fortuite individualisée par ses souvenirs ou chacun a le droit de lecture personnalisée. Tantôt c’est la couleur du soleil ou de la nuit qui accroche notre regard, tantôt c’est la matière récupérée sous forme de fines bandes plastifiées qui structurent les formes de ses compositions.

Ces techniques variées vont de la peinture au collage (tissus et bois) en passant par le grattage qui donnent des résultats vraiment époustouflant et lui ont valu des expositions individuelles et collectives en Afrique , en Europe et même en Amérique.