BLAISE DIAGNE

goréen célébre Histoire

Il est le premier député africain élu à l’Assemblée nationale française. Il est également le premier ministre noir des colonies.
Né d’un père sérère, cuisinier et marin, et d’une mère manjaque originaire de Guinée-Bissau, Gaiaye M’Baye Diagne est très tôt adopté par la famille Crespin qui lui donne le prénom de Blaise.
Marié en 1909 avec Marie Odette Villain, rencontrée à Madagascar, il a eu quatre enfants.
Il apprend très tôt à lire, à écrire et bénéficie d’une éducation solide qui s’appuie sur d’incontestables qualités intellectuelles. Il figure ainsi au palmarès de la distribution des prix de l’école laïque de Saint-Louis en août 1884.
blaisediagne.jpgBoursier du gouvernement, le jeune Diagne va poursuivre ses études en France à Aix-en-Provence. Malade, il revient à Saint‑Louis pour suivre les cours de l’école secondaire Duval où il sera major de sa promotion en 1890. Il entreprend avec succès le concours de fonctionnaire des douanes en 1891.
Dans les autres colonies :Entré dans cette administration en 1892, il est d’abord nommé au Dahomey (actuel Bénin) en 1892, puis au Congo français en 1897, à la Réunion en 1898 et enfin à Madagascar en 1902, dernier poste où ses opinions avancées déplaisent à Gallieni.
Envoyé en Guyane en 1910, ses liens avec le gouverneur sont facilités par son appartenance au Grand Orient de France.

En métropole: Blaise Diagne est élu en 1914 député du Sénégal. Bénéficiant du statut des « quatre vieilles » communes (Rufisque, Gorée, Saint-Louis et Dakar), il est le premier Africain de l’histoire française à siéger au palais Bourbon. Membre du groupe Union républicaine radicale et radicale-socialiste animé par Maurice Viollette, franc-maçon lui aussi, il est réélu sans interruption jusqu’à sa mort, malgré des campagnes systématiquement hostiles de ses adversaires colonialistes, qui n’aiment pas voir un Noir à l’Assemblée, d’autant que celui-ci est aussi le maire de Dakar.

Blaise Diagne adhère à la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) en décembre 1917, mais aucun document n’a été retrouvé sur la date de son départ du parti, probablement peu après son arrivée.
Il rallie ensuite le Parti républicain-socialiste puis les indépendants de Georges Mandel.

En AOF : Il devient en 1917 commissaire général aux troupes noires avec rang de sous-secrétaire d’État aux colonies. Il mène avec succès des missions en AOF pour organiser le recrutement militaire en cette période de guerre. Il retrouvera d’ailleurs cette fonction de 1931 à 1932, dans le premier gouvernement de Pierre Laval.

Diagne profita des conditions spéciales du conflit pour arracher au Parlement la loi du 29 septembre 1916 qui reconnaissait définitivement la citoyenneté française aux originaires des « quatre communes » et, chose notable, sans les soumettre au Code Civil et leur faire perdre leur statut personnel.

Franc-maçonnerie : En septembre 1899, à Saint-Denis, Diagne est devenu franc-maçon. Il est le premier noir à siéger, dès 1922, au Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France.

Il bénéficie de ce parrainage jusqu’à sa mort en 1934, tout en étant largement soutenu par les milieux parlementaires auxquels il renvoit, par effet de miroir, l’image du parfait assimilé. En revanche, les nationalistes sénégalais (surtout les communistes de l’UIC comme Lamine Senghor) le prennent pour cible.
L’appartenance de Diagne à la Franc-Maçonnerie explique sans doute qu’il ait été enterré avant l’entrée du cimetière musulman de Soumbedioune à Dakar, les musulmans ayant refusé qu’un franc-maçon puisse reposer à l’intérieur du cimetière.